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L'eau, une préoccupation continue

Est-il raisonnable d'abandonner nos sources?

 

Montfuron Avenir interrroge le projet de la municipalité, et lance le débat public le  9 mai 2000 à la Chapelle

La réunion s'est tenue à la suite de la demande formulée début avril auprès du Conseil Municipal par la Présidente de Montfuron Avenir. Nous remercions M. Guillot d'y avoir répondu favorablement, malgré les réticences des autres conseillers. Une vingtaine de personnes étaient présentes, pour écouter les informations données par M. Guillot et débattre de la suite à leur donner. Plusieurs points retiennent notre attention.

1/ La société ANTEA chargée des travaux de prospection en vue d'un forage profond a rendu son rapport fin janvier : c’est à 1,5 Km à l’ouest du village, vers les Capons, dans le dernier vallon avant le domaine de Mériton (au vallon des plâtriers), que se trouve le point le plus favorable; on peut espérer un débit de 4 à 5 M3 heure (100m3 jour) soit 1,5 fois notre consommation maximum en août.. Le coût total de l’opération s’éleverait à 3.694.000F. Les différents organismes s’engagent à financer à hauteur du projet de raccordement à Pierrevert, soit 1.100.000F. Le pré-forage coûte 800 000 francs et reste donc un véritable risque en cas d'échec.

2/ Pour le raccordement à Pierrevert , le débit maximum autorisé par la canalisation serait de 150m3 jour, qui doivent êtres pompés la nuit et stockés dans nos bassins. Le coût total des travaux est de 1.350.000f. D'après M. Guillot, la qualité de l’eau est garantie, et il n’y a pas de risque financier dans l’opération.

3/ Le débat a porté sur la façon d'établir une comparaison correcte entre "l'opération forage" et "l'opération Pierrevert". En effet il faut tenir compte du fait que l'eau pompée au forage est gratuite (et sans doute pure), tandis que l'eau de la Durance (sans doute moins pure) pompée à Pierrevert coûte déjà au départ au moins 10 francs le mètre cube. Il faut ajouter à ces prix initiaux (0 et 10 francs), l'amortissement des investissements. La mairie calcule cet amortissement sur 10 ans ce qui renchérit beaucoup l'eau du forage puisque elle demanderait un investissement supplémentaire de 2,5 millions. Il convient de refaire ces calculs sur 20 ou 30 ans, et de s'assurer du montant des charges additionnelles que demanderait la SAUR pour faire monter l'eau et entretenir le réseau.

3/ La réalité du manque d’eau en été ces trois dernières années ne fait pas l’unanimité. D'après les chiffres de la mairie : la consommation annuelle est de 10.000 m3 , mais avec de grands écarts entre mois d'hiver et mois d'été. En hiver nous sommes 60 foyers consommant en moyenne 10m3 par mois, ce qui donne environ 6.000m3 pour les 10 mois de "basse saison". Pendant juillet et août nous sommes 250 foyers, la consommation journalière est de 80 m3, et la consommation pour ces deux mois de près de 4800m3. Notre source actuelle aurait un débit de 40m3 jour en hiver, mais seulement de 20 en été. L'année dernière les pompiers ont complété par 20 camions de 250 mètres3, soit un apport de 500 m3. G. Roncaglia fait remarquer que ces chiffres ne concordent pas. Si l'on se souvient que des négligences (remplissage de piscines) ou des fuites importantes avaient vidé une partie des bassins, on voit que le déficit n'est pas aussi dramatique que ce qui avait été dit. On pourrai le réduire, en améliorant le captage, et surtout en construisant un second bassin.

4/ L’ensemble des participants expriment leur souhait que quelque soit la solution retenue, on commence par construire un second de bassin de stockage de 250 m3 à 500 m3 . D’autant que si le raccordement à Pierrevert se fait il ne sera possible de remplir les bassins que la nuit, et donc nécessaire de prévoir un 2em bassin de toute façon. M. Wagenstruck dit avoir étudié le problème du temps où il était à la mairie, et qu’il faut un bassin de 500m3 pour être à l’aise et avoir 4 ou 5 ans de réflexion devant nous. J-L. D’Apuzzo évalue les travaux à 400.000 f ( 80% de subventions reste 80.000 à charge). M. Guillot admet que la création d’un bassin doit être étudiée et chiffrée. En gagnant du temps on pourrait mieux étudier le dossier "forage", voir si on ne peut pas s'associer avec d'autres communes (les châteaux d’eau de Montfuron et Villémus sont très proches), s'appuyer sur les directives actuelles concernant le "développement durable" (bonnes solutions pour les générations futures) pour obtenir un meilleur financement.

5/ La question du lagunage a été abordée : un autre emplacement est à l'étude, sur le même versant que le lac de M. Rota, mais un peu plus bas, au-delà du pipe-line. Cela reste encore fort près des premières habitations. La solution plus classique de la station d'épuration serait beaucoup plus coûteuse. Il semble difficile de réaliser le lagunage si l'on n'a pas résolu le problème de l'eau, puisque lui-même en consomme.

 

Malgré notre argumentation et nos démarches auprès du Préfet ou du Conseil Général, le Conseil Municipal du 14 décembre 2000 adopte le principe d’une " Convention de fourniture d'eau potable de la commune de Manosque à la commune de Montfuron via la commune de Pierrevert. "

Le premier adjoint, M. Guillot qui présente le dossier,  affirme qu'après avoir examiné les 5 ou 6 autres solutions (réaménagement du captage, nouveau bassin, forages…), c'est le raccordement au réseau de Manosque par Pierrevert qui semble la meilleure " techniquement ". De plus il met en valeur le fait que, en signant avec Manosque et avec Pierrevert, Montfuron ne se lie pas définitivement avec la SAUR, qui n'est que par hasard et pour le moment le fermier des trois communes. Le contrat d'affermage de Montfuron avec la SAUR viendra à échéance en 2005.
Il ressort de cette présentation :
- L'eau achetée à Manosque ( puisée dans la nappe phréatique ou dans la Durance, puis traitée dans l'usine Saint-Joseph), transite par Pierrevert jusqu'à un bassin appartenant à Montfuron, muni d'un compteur. Le village est considéré comme un client comme les autres, moins gros que certains puisque le Golf consomme davantage. Montfuron reste libre d'organiser la gestion de l'eau sur le village - Les débits maximum seraient de : 8 m3 horaires, soit 150 m3 journaliers, soit 20 000 m3 annuels.
- Les conditions de résiliation de cette convention (évoquées lors des questions de la salle) ne sont pas claires
- L'on pourra garder le captage du Grand-logis comme " sécurité supplémentaire ", mais il est clair que le bassin du Moulin et le réseau actuel seront réutilisés pour distribuer l'eau venue de Manosque.  L’eau du Grand-Logis  pourrait servir à l'arrosage.
-Le prix de l’eau n’excèderait pas le prix en cours .

Remarquons que la consommation du village s'établit en l'an 2000, et depuis plusieurs années, autour de 9000 m3 tandis que les sources du Grand Logis produisent autour de 12 000 m3.  En 2008 le consommation du village dépassera à peine 10 000 m3.

Ajoutons  qu'en 2005 le contrat d'affermage est reconduit avec la SAUR, sans qu'il  ne soit plus question de régie municipale, et que la tarification de l'eau, du fait des parts fixes prélevées par la SAUR et les collectivités locales instaure une inégalité flagrande entre les consommateurs, en pénalisant ceux qui s'efforcent de maîtriser leur consommation.

Le coût total de l'eau au m3 est en 2004 de 2,50 euros pour un usager qui consomme 200 m3 par an, mais de 3,30 euros pour un habitant qui consomme 100 m3 par an.  Il atteint 4 euros le m3 en 2011 pour la consommation de 120 m3 par an qui sert de moyenne de référence.

Le point sur l'eau en 2014


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